{"id":9012,"date":"2023-11-05T22:50:38","date_gmt":"2023-11-06T03:50:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/?p=9012"},"modified":"2023-11-05T22:50:38","modified_gmt":"2023-11-06T03:50:38","slug":"le-paganisme-et-ce-que-lon-doit-au-christianisme-extraits-louis-veuillot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/?p=9012","title":{"rendered":"Le paganisme et ce que l&#8217;on doit au Christianisme (extraits) -Louis Veuillot"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; En quatre mille ans, le paganisme avait enfant\u00e9 la puissance et la civilisation de Rome, et la puissance et la civilisation de Rome se nommaient N\u00e9ron.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n&#8217;\u00e9tait pourtant pas la barbarie. On jouissait, au contraire, de la civilisation la plus parfaite o\u00f9 le monde se f\u00fbt encore trouv\u00e9; civilisation savante, recherch\u00e9e, raffin\u00e9e, pleine de toutes les jouissances du luxe et des arts, dot\u00e9e d&#8217;une administration si diligente qu&#8217;il n&#8217;y avait nul moyen d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 la police. Il y eut alors de grands progr\u00e8s culinaires ; il devint possible de d\u00e9penser 600,000 francs en un seul festin. On appr\u00e9ciait les acteurs; ils devenaient des gens consid\u00e9rables; le trag\u00e9dien AEsopus laissa une fortune de quatre millions, apr\u00e8s avoir toute sa vie scandalis\u00e9 le peuple par ses prodigalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant aux m\u0153urs, les matrones descendaient dans le cirque et conduisaient chez C\u00e9sar les prostitu\u00e9es qui pouvaient lui plaire. Quant \u00e0 la famille, Tertulien disait aux magistrats : Quel est celui d&#8217;entre vous qui n&#8217;a pas donn\u00e9 la mort \u00e0 son enfant ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Telle \u00e9tait la descendance d&#8217;Auguste, de Cic\u00e9ron, de Virgile et d&#8217;Horace. Depuis longtemps la Gr\u00e8ce \u00e9tait morte sous le brillant pavillon d&#8217;Hom\u00e8re. Ni Hom\u00e8re, ni Cic\u00e9ron, ni Virgile, ni Horace ne firent pour Rome ce que n&#8217;avait pu faire Auguste, son ma\u00eetre le plus longtemps et le plus docilement ob\u00e9i ; ils ne purent lui donner des gens de c\u0153ur. Si le Christ avait tard\u00e9 quelques si\u00e8cles, non-seulement la civilisation, mais l&#8217;homme lui-m\u00eame, la b\u00eate humaine, aurait p\u00e9ri. La guerre, la tyrannie, le cirque, le suicide, la d\u00e9bauche, \u00e9puisaient rapidement le genre humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Personne ne conteste aux pa\u00efens d&#8217;avoir avanc\u00e9 de tr\u00e8s-belles maximes, qui semblent des \u00e9clairs de la v\u00e9rit\u00e9. Mais on peut leur appliquer ce que Bossuet dit sp\u00e9cialement de leurs po\u00e8tes : \u00ab On n&#8217;a qu&#8217;\u00e0 les presser l\u00e0-dessus, on verra qu&#8217;ils ne les entendent point, ou qu&#8217;ils en abusent. \u00bb Ils les pratiquent encore moins qu&#8217;ils ne les entendent. Le Christ leur manquait. Mais le Christ de moins, c&#8217;est au moins beaucoup ! Sans lui, la beaut\u00e9 des maximes des pa\u00efens est comme la beaut\u00e9 de leurs temples : le d\u00e9mon les habite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Ce qu&#8217;\u00e9tait Rome \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e de saint Pierre, quelques noms le disent. De la mort de Notre-Seigneur \u00e0 celle de son premier vicaire, Caligula avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Tib\u00e8re, Claude \u00e0 Caligula, N\u00e9ron \u00e0 Claude. A mesure que ces tyrans ou plut\u00f4t ces monstres se succ\u00e9daient au supr\u00eame pouvoir, le s\u00e9nat les d\u00e9clarait dieux, et leur sacrifiait des victimes humaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un jour N\u00e9ron tua sa m\u00e8re : le s\u00e9nat en rendit de solennelles actions de gr\u00e2ces dans tous les temples de Rome. Tib\u00e8re avait trouv\u00e9 que les s\u00e9nateurs l&#8217;adoraient trop ; ils n&#8217;en eurent point de honte, et ils ador\u00e8rent N\u00e9ron comme ils avaient ador\u00e9 Tib\u00e8re. A l&#8217;un et \u00e0 l&#8217;autre ils livr\u00e8rent ceux d&#8217;entre eux qui d\u00e9plaisaient par un reste ou par une apparence de vertu. Le s\u00e9nateur Tacite, qui le rapporte, est croyable; car probablement il le fit lui=m\u00eame. Tacite \u00e9tait un des hommes estimables de Rome.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S\u00e9n\u00e8que, un autre grand \u00e9crivain, faisait des trait\u00e9s de morale o\u00f9 il enseignait le m\u00e9pris des richesses, l&#8217;amour de la justice, le pardon des injures. Il avait \u00e9t\u00e9 le pr\u00e9cepteur de N\u00e9ron, il devint son ministre ; en quatre ans de faveur, il amassa, par ses extorsions et par ses usures, cinquante-huit millions de notre monnaie. Lorsque N\u00e9ron le consulta sur l&#8217;intention o\u00f9 il \u00e9tait de faire mourir sa m\u00e8re, le moraliste S\u00e9n\u00e8que se contenta de demander par quels soldats on la ferait \u00e9gorger, et il \u00e9crivit en beau style l&#8217;apologie de ce crime, que l&#8217;empereur daigna r\u00e9citer en pr\u00e9sence du s\u00e9nat. Quant \u00e0 la mani\u00e8re dont le sage S\u00e9n\u00e8que pardonnait les injures, N\u00e9ron lui-m\u00eame dut lui imposer la cl\u00e9mence envers ses ennemis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tels \u00e9taient les ma\u00eetres, les grands et les sages de Rome. Reconnaissant officiellement trente mille dieux, d&#8217;apr\u00e8s le catalogue de Varron, et au fond pleins de m\u00e9pris pour toute cette vermine olympienne n\u00e9e des superstitions et des corruptions populaires, ils s&#8217;en tenaient au mat\u00e9rialisme d&#8217;\u00c9picure. Quant \u00e0 leurs devoirs envers l&#8217;humanit\u00e9, ils prenaient pour r\u00e8gle ce mot de Jules C\u00e9sar : L&#8217;esp\u00e8ce humaine est une proie qui appartient au plus fort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur politique les obligeant de se m\u00e9nager la faveur du peuple, ils l&#8217;achetaient et la conservaient en faisant \u00e9gorger dans les jeux publics des milliers de victimes, en sorte que, soit pour satisfaire \u00e0 l&#8217;avidit\u00e9 et aux caprices du prince, soit pour amuser la multitude, le sang humain ne cessait pas de couler.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les pr\u00eatres et les vestales assistaient \u00e0 ces spectacles que la religion consacrait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 du mur, sous les arcades du cirque, entre les cabanons o\u00f9 rugissaient les b\u00eates, et ceux o\u00f9 les apprentis gladiateurs se formaient la main sur les bless\u00e9s, il y avait des lieux de d\u00e9bauche. Ce qu&#8217;\u00e9taient les m\u0153urs de la classe \u00e9lev\u00e9e, on le sait : Chateaubriand a os\u00e9 les d\u00e9crire; mais \u00ab qui oserait raconter les c\u00e9r\u00e9monies des dieux immortels et leurs myst\u00e8res impurs ?\u2026 Il n&#8217;y avait nul endroit de la vie humaine d&#8217;o\u00f9 la pudeur fut bannie avec plus de soin qu&#8217;elle ne l&#8217;\u00e9tait des myst\u00e8res de la religion. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sous cette pl\u00e8be qui se croyait libre et sous ces patriciens qui n&#8217;avaient de bien, de vie et d&#8217;honneur qu&#8217;autant que voulait leur en laisser C\u00e9sar, g\u00e9missait le peuple immense des esclaves, d\u00e9chus de tous les droits de l&#8217;humanit\u00e9 et m\u00eame de la qualit\u00e9 d&#8217;hommes. Ils travaillaient, ils mouraient, ils servaient, comme leurs ma\u00eetres le jugeaient bon, aux plaisirs et aux int\u00e9r\u00eats de leurs ma\u00eetres. Le proverbe disait qu&#8217;il ne doit point y avoir de repos pour l&#8217;esclave ; non est otium servis. L&#8217;esclave n&#8217;avait point d&#8217;\u00e2me ; la Gr\u00e8ce l&#8217;appelait un corps, s\u00f4ma ; Rome, une chose, res. Ce n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un outil dont on pouvait se servir sans rel\u00e2che et sans scrupule, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il f\u00fbt us\u00e9. Et quand la vie de l&#8217;esclave durait plus longtemps que ses forces, la sagesse \u00e9cout\u00e9e de Caton enseignait qu&#8217;il fallait le laisser mourir de faim. Des patriciens employaient leurs esclaves \u00e0 mendier et les mutilaient avec l&#8217;ing\u00e9nieuse cruaut\u00e9 de l&#8217;avarice, afin d&#8217;exciter davantage la piti\u00e9 des passants. Cette industrie \u00e9tait fort pratiqu\u00e9e, et comme en toute autre industrie il y avait concurrence. Si l&#8217;un de ces possesseurs d&#8217;esclaves mendiants voyait quelque part un esclave plus estropi\u00e9 que n&#8217;\u00e9taient les siens ou couvert de plus hideuses plaies, il choisissait dans son troupeau ceux qu&#8217;il pourrait rendre semblables \u00e0 celui-l\u00e0 ; il les condamnait \u00e0 un supplice aussi long que leur mis\u00e9rable vie, afin qu&#8217;ils rapportassent chaque jour quelques deniers de plus. Pour prot\u00e9ger la vie des ma\u00eetres contre le d\u00e9sespoir des esclaves, la loi ne leur enjoignait pas de les traiter plus humainement. Elle condamnait ceux-ci au dernier supplice, fussent-ils, par le nombre, une nation, quand le ma\u00eetre mourrait de mort violente. Ainsi furent extermin\u00e9s sous N\u00e9ron, par ordre du S\u00e9nat, malgr\u00e9 les murmures du peuple, les quatre cents esclaves de Pidanius Secundus, assassin\u00e9 dans sa maison.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&#8217;\u00e9tait l\u00e0 cette grande Rome, ma\u00eetresse orgueilleuse des nations ; cette Rome qui r\u00e9citait les vers d&#8217;Horace et de Virgile, o\u00f9 la voix de Cic\u00e9ron venait de s&#8217;\u00e9teindre, o\u00f9 Tacite et S\u00e9n\u00e8que \u00e9crivaient ; la Rome de C\u00e9sar et d&#8217;Auguste, pleine de monuments, de richesses, de chefs-d&#8217;\u0153uvre, de sagesse m\u00eame, et qui, dit Montesquieu, \u00e9tablissait son empire sur la d\u00e9population de l&#8217;univers. C&#8217;est cette Rome que Simon, surnomm\u00e9 Pierre, p\u00e9cheur du bourg de Bethsa\u00efde en Galil\u00e9e, tout seul et pieds nus, son b\u00e2ton \u00e0 la main, son Credo dans la m\u00e9moire, mais son J\u00e9sus dans le c\u0153ur, vint assi\u00e9ger, vint prendre au nom de ce m\u00eame J\u00e9sus crucifi\u00e9 \u00e0 J\u00e9rusalem entre deux larrons. Il y venait enseigner le Dieu unique, le Dieu chaste, le Dieu juste, le Dieu mis\u00e9ricordieux et compatissant, le Dieu terrible, le seul Dieu. Il venait \u00e9tablir l&#8217;humilit\u00e9 dans ce royaume de l&#8217;orgueil, la puret\u00e9 dans ce centre de la luxure, la libert\u00e9 chr\u00e9tienne dans cet enfer de la tyrannie. Il apportait la famille avec l&#8217;indissolubilit\u00e9 du n\u0153ud conjugal, et le respect pour la vie de l&#8217;enfant ; il venait restituer \u00e0 l&#8217;esclave sa qualit\u00e9 d&#8217;homme et y ajouter la qualit\u00e9 d&#8217;enfant de Dieu. A la place de l&#8217;empire de N\u00e9ron il venait constituer l&#8217;empire de J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un jour C\u00e9sar, le grand C\u00e9sar, ce politique, cet orateur, ce po\u00e8te, cet \u00e9crivain, ce savant, ce d\u00e9licat, cet homme d&#8217;esprit ; C\u00e9sar, si sup\u00e9rieur aux autres Romains et qui les m\u00e9prisait tant, fit pr\u00e9sent au peuple de quinze mille paires de prisonniers qui entr\u00e8rent dans le cirque et dont pas un ne sortit vivant. Oui, C\u00e9sar !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et, malgr\u00e9 cette largesse, le dictateur m\u00e9contenta le peuple ; il y eut des murmures. C\u00e9sar ne s&#8217;\u00e9tait pas int\u00e9ress\u00e9 suffisamment \u00e0 la f\u00eate, il avait affect\u00e9 de lire des lettres pendant les jeux. Voyez-vous ce peuple et C\u00e9sar ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u00e9sar est un sauvage, la soci\u00e9t\u00e9 pa\u00efenne est une soci\u00e9t\u00e9 sauvage. Rome est pleine d&#8217;orateurs, d&#8217;\u00e9crivains et d&#8217;artistes ; elle a de vastes connaissances, un puissant g\u00e9nie, des qualit\u00e9s qui semblent des vertus : elle n&#8217;a point de frein qui l&#8217;emp\u00eache de s&#8217;abandonner \u00e0 toutes les passions de la chair et de l&#8217;esprit ; elle m\u00e9prise la v\u00e9rit\u00e9, elle ignore la charit\u00e9, elle ne conna\u00eet pas la pudeur, elle est sauvage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; On s&#8217;est appliqu\u00e9 \u00e0 peindre l&#8217;\u00c9glise sous l&#8217;aspect d&#8217;une secte essentiellement sanguinaire. Mais on sait ce qu&#8217;il faut croire des beaux jours de l&#8217;humanit\u00e9 avant le christianisme ; on sait quel cas les rois faisaient alors de la vie des hommes, et les hommes de la vie des rois. On n&#8217;a qu&#8217;\u00e0 se rappeler les empereurs qui r\u00e9gn\u00e8rent pendant trois si\u00e8cles, depuis Auguste jusqu&#8217;\u00e0 Constantin. Le premier est Tib\u00e8re, le dernier est Maxence. Dans l&#8217;intervalle, il y a N\u00e9ron, Caligula , Elagabale, et tant d&#8217;autres ; sur plus de cinquante, plus de la moiti\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s. Ces trois si\u00e8cles ne sont qu&#8217;un massacre presque sans interruption. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment avec le r\u00e8gne de Constantin que l&#8217;univers commen\u00e7a de respirer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">-La religion, sans pouvoir emp\u00eacher les guerres, a r\u00e9ussi \u00e0 les rendre moins fr\u00e9quentes, moins longues, moins meurtri\u00e8res, \u00e0 leur \u00f4ter le caract\u00e8re atroce qu&#8217;elles avaient dans l&#8217;antiquit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voyons des faits : on tua 300,000 hommes en une seule ann\u00e9e dans la guerre sociale ; 100,000 en deux ans dans la guerre de Sylla contre Marius. Claude fit p\u00e9rir en une seule fois 320,000 Germains ; Marc-Aur\u00e8le en immola davantage, tant de cette nation que des autres. A la bataille de Cr\u00e9mone, entre Othon et Vitellius, 50,000 hommes tu\u00e9s ; autant entre les g\u00e9n\u00e9raux Vitellius et Vespasien. On ne compte que les grosses batailles ; on ne dit rien de la consommation ordinaire en guerres, s\u00e9ditions et spectacles. La perte d&#8217;hommes ne fut pas aussi grande de moiti\u00e9 chez les nations chr\u00e9tiennes durant les si\u00e8cles qui suivirent Constantin, malgr\u00e9 les invasions des Goths, des Vandales et autres barbares. Constantin accordait une r\u00e9compense aux soldats qui conservaient la vie de leurs captifs. Les r\u00e9conciliations op\u00e9r\u00e9es par l&#8217;\u00c9glise sont sans nombre. Souvent la paix fut impos\u00e9e sous la menace de l&#8217;excommunication.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Une atrocit\u00e9 dont le christianisme a d\u00e9livr\u00e9 le monde, et qui n&#8217;a pu dispara\u00eetre que devant lui, c&#8217;est la coutume d&#8217;offrir aux dieux des victimes humaines, chez les Perses, les Gaulois, les Grecs eux-m\u00eames et les Romains. On vit cela la derni\u00e8re ann\u00e9e de C\u00e9sar. D&#8217;ailleurs Rome avait les gladiateurs, qui d&#8217;abord combattirent sur la tombe des personnages remarquables pour apaiser les dieux inf\u00e9rieurs par l&#8217;effusion de leur sang, et qui ensuite remplirent les ar\u00e8nes, o\u00f9 ils devinrent le plus cher spectacle des Romains. On sait que ces spectacles avaient un caract\u00e8re religieux et commen\u00e7aient souvent par le sacrifice d&#8217;une victime humaine. Les Carthaginois avaient coutume d&#8217;immoler des enfants : on les vit, m\u00eame apr\u00e8s avoir sign\u00e9 \u00e0 la suite d&#8217;une d\u00e9faite l&#8217;abolition de ces sacrifices, en faire p\u00e9rir jusqu&#8217;\u00e0 200 dans un jour des familles les plus distingu\u00e9es, parce qu&#8217;un ennemi vainqueur s&#8217;avan\u00e7ait jusque sous les murs de leur ville. Quand les Europ\u00e9ens p\u00e9n\u00e9tr\u00e8rent en Am\u00e9rique, ils y trouv\u00e8rent les abominations du monde ancien. Les habitants du Mexique remettaient \u00e0 leurs pr\u00eatres, chaque ann\u00e9e, jusqu&#8217;\u00e0 20,000 victimes. Avec cela on peut comprendre pourquoi Dieu a permis que tant de nations fussent effac\u00e9es de la terre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9sistance du paganisme est un miracle comme sa d\u00e9faite. Elle atteste \u00e0 quel degr\u00e9 de cruaut\u00e9 et d&#8217;infamie l&#8217;homme peut descendre, \u00e0 quel point il peut se conjurer contre l&#8217;innocence, la justice, la libert\u00e9 et la v\u00e9rit\u00e9. Les Actes des martyrs nous apprennent l&#8217;histoire telle qu&#8217;il la faut savoir et telle qu&#8217;elle est. Sans ces pr\u00e9cieux documents, nous ne conna\u00eetrions pas v\u00e9ritablement l&#8217;antiquit\u00e9 pa\u00efenne, nous ne saurions pas de quelle b\u00eate implacable et insatiable Dieu a d\u00e9livr\u00e9 le genre humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Durant les premiers si\u00e8cles de l&#8217;\u00c9glise, des philosophes pa\u00efens, pour triompher plus s\u00fbrement des chr\u00e9tiens, leur emprunt\u00e8rent une partie de leurs dogmes et entreprirent de lutter avec eux de vertus. Il semble que la t\u00e2che devait leur \u00eatre facile. Riches, adul\u00e9s, bien avec C\u00e9sar, ils ne craignaient point que l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 des m\u0153urs les conduis\u00eet au martyre. Cependant ce r\u00f4le ais\u00e9 fut toujours au-dessus de leur pouvoir. Au premier choc des passions, le pa\u00efen reparaissait le m\u00eame : pour le moindre int\u00e9r\u00eat humain il renon\u00e7ait \u00e0 l&#8217;entreprise, aussi vite que pour le moindre int\u00e9r\u00eat religieux les chr\u00e9tiens qu&#8217;il voulait imiter renon\u00e7aient \u00e0 la vie. Comment cela ? les chr\u00e9tiens n&#8217;\u00e9taient pas d&#8217;une autre nature ; ils n&#8217;avaient ni des corps plus robustes, ni des sens moins craintifs ou plus soumis, ni \u00e0 certain \u00e9gard des esprits plus \u00e9clair\u00e9s ; mais ils avaient la force de Dieu, les philosophes n&#8217;avaient que la sagesse humaine. (35, p. 97.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toute vertu qui ne s&#8217;appelle pas religion, est \u00e0 la merci des circonstances. Elle succombera devant ces tentations dont Dieu ne pr\u00e9serve personne, dont il permet surtout que l&#8217;orgueil soit accabl\u00e9. (39, p. 99.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand ce ne fut pas trop de J\u00e9sus mourant pour vaincre le p\u00e9ch\u00e9, pouvons-nous croire qu&#8217;il suffise de nos vell\u00e9it\u00e9s incertaines pour le terrasser ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">CE QU&#8217;ON DOIT AU CHRISTIANISME<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; Le paganisme l\u00e8gue au christianisme naissant la plus abominable et la plus naturelle des institutions humaines, l&#8217;esclavage. L&#8217;esclave des Romains n&#8217;\u00e9tait pas un homme ; il \u00e9tait une chose poss\u00e9d\u00e9e. M\u00eame en se rachetant, il ne pouvait s&#8217;\u00e9lever au rang de citoyen ; il devenait affranchi, et restait attach\u00e9 \u00e0 la client\u00e8le de son ancien ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s que le christianisme retentit au milieu de la gentilit\u00e9, l&#8217;esclavage est attaqu\u00e9 dans sa source. Les ma\u00eetres chr\u00e9tiens donnent la libert\u00e9 \u00e0 ceux qu&#8217;ils ne regardaient pas comme des hommes, et qu&#8217;ils consid\u00e8rent d\u00e9sormais comme leurs fr\u00e8res. Souvent ils vont dans les march\u00e9s acheter ces malheureux pour les d\u00e9livrer du joug.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; La loi du Christ n&#8217;a pas seulement d\u00e9livr\u00e9 l&#8217;humanit\u00e9 du joug permanent de la tyrannie ; mais encore l&#8217;\u00c9glise du Christ, \u00e9tablie au centre de la tyrannie abattue, a su former dans le monde un esprit public invinciblement rebelle \u00e0 la tyrannie. Le monde ne souffre plus que comme une exception de courte dur\u00e9e, ce qui jadis \u00e9tait la r\u00e8gle sans exception.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Source : <\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/pensesdemlouis00veui-1.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu incorpor\u00e9 pensesdemlouis00veui-1.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-8a374ace-d216-4ff2-9a78-f44969ac848f\" href=\"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/pensesdemlouis00veui-1.pdf\">pensesdemlouis00veui-1<\/a><a href=\"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/pensesdemlouis00veui-1.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-8a374ace-d216-4ff2-9a78-f44969ac848f\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"394\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-29.png?resize=700%2C394&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-9014\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-29.png?w=700&amp;ssl=1 700w, https:\/\/i0.wp.com\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-29.png?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Fresque romaine montrant une tentative de sacrifice d&#8217;Iphig\u00e9nie, fille d&#8217;Agamemnon<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voir \u00e9galement : <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.partinationalistechretien.com\/?p=7208\">Inexplicable silence sur le cannibalisme indig\u00e8ne en Am\u00e9rique\u2026<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.partinationalistechretien.com\/?p=1235\">Charlatanisme, fabulation et calomnie syst\u00e9mique \u00e0 l\u2019encontre de la race blanche dans le cadre d\u2019une Marche de mystification victimaire \u201dautochtone\u201d \u00e0 Montr\u00e9al<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.partinationalistechretien.com\/?p=7253\">Le scandale des fosses communes d\u2019enfants autochtones dans les pensionnats du Canada \u00e9tait bidon, les fouilles arch\u00e9ologique ne donnent rien. Le pape Fran\u00e7ois avait pr\u00e9sent\u00e9 des excuses officielles et Trudeau promis 320 millions de dollars en r\u00e9paration<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8211; En quatre mille ans, le paganisme avait enfant\u00e9 la puissance et la civilisation de Rome, et la puissance et la civilisation de Rome se nommaient N\u00e9ron. Ce n&#8217;\u00e9tait pourtant pas la barbarie. On jouissait, au contraire, de la civilisation la plus parfaite o\u00f9 le monde se f\u00fbt encore trouv\u00e9; civilisation savante, recherch\u00e9e, raffin\u00e9e, pleine [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":9014,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[22],"tags":[],"class_list":["post-9012","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-29.png?fit=700%2C394&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9012","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9012"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9012\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9015,"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9012\/revisions\/9015"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/9014"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9012"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9012"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.PartinatioNalisteChretien.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9012"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}